Avec les Droits civiques pour modèle...
Le 11 avril, dix jeunes Belges de l’asbl bruxelloise « Ras El Hanout » se rendront aux Etats-Unis. Pendant quinze jours, ils étudieront l’histoire du Mouvement des Droits civiques en Amérique à travers témoignages, débats et autres rencontres culturelles.
L’association « Ras El Hanout » tire son nom d’un mélange d’épices marocaines. « Nous avons choisi ce nom sans imaginer que notre pièce de théâtre aurait eu un tel succès», explique Salim Haouach, un des fondateurs de l’association, coordinateur et comédien dans la pièce de théâtre « Fruit Etrange(r) ».
« Fruit Etrange(r)» est une pièce de théâtre qui, par une série de scénettes, illustre la réalité du racisme et de la discrimination. Certains passages sont tirés de faits réels issus de témoignages des acteurs. D’autres ont été imaginés par l’équipe artistique et les membres de Ras El Hanout. La pièce ne devait être jouée que de manière ponctuelle (deux représentations en 2010) mais le succès et les nombreuses demandes ont boosté les acteurs, qui joueront dimanche 20 mars pour lancer la semaine d’action contre le racisme (du 21 au 25 mars 2011).
A la base, le projet Ras El Hanout devait donner naissance à une modeste représentation théâtrale dont la thématique, le racisme, devait être évoquée de manière originale et ludique.
L’association, lancée en février 2010, est une association qui lutte contre la discrimination en encourageant l’expression des jeunes issus de milieux sociaux défavorisés.
Diverses activités ont été menées auprès du public cible : la génération des 15-25 ans. Des ateliers créatifs et des campagnes de sensibilisation auprès d’établissements scolaires ont été organisées en marge de la représentation de « Fruit Etrange(r) ». Le succès de la pièce a galvanisé le groupe, qui a décidé de s’investir plus concrètement dans une mission d’information et de sensibilisation sur le racisme et les moyens non-violents de le combattre. « L’histoire du Mouvement des Droits civiques aux Etats-Unis est un exemple qui illustre, de par sa diversité dans ses actions, l’effet positif d’une démarche citoyenne», explique Hirem Pervaz, membre de Ras El Hanout et comédienne dans « Fruit Etrange(r) ». Elle avoue que le combat des Noirs Américains pour la conquête de leurs droits fondamentaux n’est pas comparable à la situation belge, mais elle estime qu’il est « intéressant de faire un parallèle entre les actes du Mouvement des droits civiques et ce qui peut être réalisé chez nous ». Une action précise du Mouvement sera étudiée par le groupe : « l’empowerment »
L’empowerment ?
« L’empowerment, que l’on peut traduire par par « autonomisation », signifie la prise en charge de l'individu par lui-même. C’est donc un mécanisme qui permet à celui qui l’adopte d’augmenter la maitrise sur sa vie, d’être autonome» explique Salim.
Parmi les domaines étudiés par l’équipe : la politique, l’économie, la religion et la culture ou le concept d’empowerment a été particulièrement usité. « Un exemple connu, c’est la musique comme moyen d’expression pour les minorités, notamment le Jazz à la Nouvelle-Orléans », conclut Salim.
Ras El Hanout vivra donc deux semaines au rythme des débats, conférences et autres événements culturels au contact d’acteurs des milieux associatif, académique et artistique.
Ils tenteront, ensemble, de dégager les grands mécanismes et idées avancées par les minorités pour leur émancipation. Cette étape sera donc essentiellement un travail d’étude qui servira de base concrète pour finaliser le projet de Ras El Hanout
Rendez-vous en septembre
«Notre voyage aux Etats-Unis n’est que la seconde étape de notre travail associatif », explique Hirem. En effet, leur projet s’est décliné en en trois étapes de travail. La première constitue en une série de séminaire en vue de se documenter au mieux sur l’histoire du Mouvement civique, son action, ses représentants et l’incidence de ces derniers dans leur lutte contre la ségrégation des Noirs. Dès son retour, la jeune association entamera la dernière partie de son projet. Les membres de Ras El Hanout tenteront de synthétiser deux années d’étude sur la lutte contre le racisme par des mécanismes non-violents. Ils bénéficient du soutien du Mouvement contre le racisme, l’antisémitisme et la xénophobie (Mrax) et de l’ambassade des Etats-Unis en Belgique, qui finance une partie du voyage. Le projet final de ces « fruits étrangers » sera sur pied en septembre.